Lundi 17 juillet 1967 à Hutington (Etats-Unis), l’un des plus influents saxophonistes rendait son dernier soupir. L’immense oeuvre musicale qu’il laisse derrière lui va avoir un poids considérable dans le monde du jazz.
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Nous espérons que vous pourrez venir !
ISAAC KEMO, SAXOPHONISTE, PUR TALENT
SON INSTRUMENT PREFERE EST LE SAX ALTO. IL JOUE EGALEMENT DE LA CLARINETTE ET DU SOPRANO.
CHAQUE CONCERT EST UN VOYAGE MUSICAL EXTRAORDINAIRE. DE CES ENRICHISSANTES ET NOMBREUSES RENCONTRES, ISAAC KEMO S’EST CONSTRUIT UNE EXPERIENCE MUSICALE UNIQUE.
‘’Je ne vous le cache pas, comme le Phoenix, je renais de mes cendres. Le feu n’est pas éteint’’, ISAAC KEMO.
Originaire de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, KemosseieÏ Tia Mougnehi Isaac est né en 1975. Devenu musicien, Isaac Kemo [diminutif de KemossieÏ ] le doit à son géniteur, ‘’gardien de la paix’’ – aujourd’hui à la retraite – qui a canaliser dès l’enfance, la flamme qui s’illuminait en son fils… Artiste, c’est ce qu’a toujours voulu être Isaac, devenu saxophoniste alto.
Nessmon, pour dire que ‘’le feu n’est pas éteint’’, est depuis janvier 2016 sa première carte de visite – un album de huit titres, qu’il présente au monde. Sa musique, Isaac la veut accessible à tous. Un genre qu’il défend : la Soul Free.
SOUL FREE, MUSIQUE ACCESSIBLE A TOUS
Soul, parce que c’est cool.
Soul, comme Sol – sa note de musique de prédilection au cœur de ses compositions.
Free, pour dire que la base du Jazz est liberté.
Soul Free, c’est ainsi qu’il désigne sa musique, accessible à tous.
Quand certains académiciens veulent faire savoir que c’est cartésien [le Jazz], mathématique ou prétendent schématiser le Jazz [tiré du swahili, Yaz : mélange, cocktail, boucan], Isaac répond dans une simplicité qui le caractérise : Nessmon. Une œuvre à la source du Jazz qui donne tout son sens au titre-album-personnage.
Difficile, certes, de faire aussi simplement les choses comme Nessmon l’est, mais Isaac n’a eu d’autre choix que de se libérer de toute influence musicale – car à un moment donné, il voulut faire comme un tel.
Refus pour lui de se laisser mourir musicalement.
Aussi l’histoire qui donne ses notes à Nessmon se joue-t-elle en poésie. Même s’il a vécu pendant son cheminement et lors de ses voyages une vie de bohème, l’artiste, lucide, n’a nullement perdu (sa) la concentration parce qu’il ‘’sait ce qu’il ne veut pas’’.
NESSMON, COCKTAIL DE DIFFERENTES EXPERIENCES
Pris pour mort [artistiquement et même physiquement] à un moment de son histoire dans la ville d’Abidjan, Isaac a gardé dans le secret de sa pensée le choix de rêver à une carrière artistique et de sourire à la vie. S’il continue avec optimisme et foi – et don de soi – son chemin, c’est de loin qu’il revient dans Abidjan avec son projet : Nessmon, enregistré entre Paris et Abidjan et produit par lui-même.
‘’Ta patience et la simplicité de ta personne ont aussi joué dans cet album’’, MARIE-HELENE COSTA.
Résultat : Un cocktail de différentes expériences qu’il a vécu. Toute une philosophie qui décrit dans la joie et le partage l’expression musicale du saxophoniste :
Hybride dance*. Hybride, comme l’indique le titre est une musique qui n’est pas composée dans un temps ordinaire, invite (à) toutes les danses.
Nelly Kemo*, mêlé de douceur et du nom de sa première fille, le titre-personnage succède à Ketura*, sa petite sœur. Comme un déclic, la venue au monde de Nelly active, pour en faire une flamme, l’étincelle en Isaac. Ecrite en fonction, Isaac dévoile en musique le caractère de deux êtres différents aux sons de Nelly Kemo et Ketura.
Sur Nessmon qui élargit son champ d’action, Isaac met l’accent sur la mélodie, exit les voix, pour permettre aux enfants de mieux s’en approprier et de laisser éclore le talent en eux comme le témoigne Abidjan Groove*, en référence à la capitale qui fourmille de talents.
Plantation*, un hommage rendu par Isaac à tous les corps de métier sans oublier qu’à la base, ‘’tout produit vient de la terre’’. C’est aussi un clin d’œil aux militants écologiques et environnementaux.
Grand-Bereby* raconte une idylle. Mais, la musique s’est écrite par émerveillement : l’agencement dès l’aube des klaxons provenant des bateaux de pêcheurs Awlans [d’origine ghanéenne]. Klaxons aux différentes tonalités qui ont inspiré la musique. Au départ une balade [Padan padan padam, Padan padan], Isaac donne après les trois premières notes, une suite logique à Grand-Bereby [du noù d’une ville de l’ouest de la Côte d’Ivoire – proche du Libéria] qui prend en trois-quatre, une couleur caribéenne.
Paco Solo*, titre-hommage en l’honneur du batteur Paco Séry est le témoigne du respect dû aux aînés.
ISAAC, LE SAX ET MOI
Kemo = Toi et moi. Et, l’histoire d’Isaac avec la musique commence dans les années 1980.
Turbulent (pas voyou) à l’extrême mais, sensible à la musique que distillait sur vinyle chaque soir son père – agent de polices à la retraite –, l’énergie du petit Isaac est vite canalisée. Quand son père lui offre sa première flute à bec, fini les fugues.
Isaac, 7-8 ans, aura droit à un professeur de musique. Il apprend le solfège et la pratique. Un pas d’avance sur ses amis de classes.
S’il voulut jouer du saxophone, les moyens pour lui en offrir faisaient défaut.
A Bouaké où exerçait son père, le jeune Isaac joue (1987) au synthétiseur avec les Vétérans les chansons traditionnelles françaises : Louis Mariano, Tino Rossi, Patrick et Mario … Tous avant Brassens.
Mettant le cap, pour des contraintes familiales, à Dabou, à quelques kilomètres d’Abidjan, où il jouera aux côtés des frères Neith Soul et Hamed Farras ; s’inscrira par la suite en 1992 au conservatoire de musique de l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac) où il y enseignera par la suite. Avec méthode, Isaac jouera (d’abord) à la clarinette (1997), s’initie à la musique classique et continue ses études.
Six mois après l’obtention de son saxophone qu’il promenait dans un sachet plastique dans Abidjan, Isaac participe à Abidjan à Podium, célèbre émission télé de talents musicaux en Côte d’Ivoire.
A l’instar de certains amis de la même promotion (Insaac) qui avaient pour ambition d’être des fonctionnaires, préférant jouer de la musique militaire, Isaac, lui, voulait ‘’être artiste’’.
Il en paie le prix, trime, court à la recherche du savoir sans jamais perdre la foi et reste accroché à son but : sa musique.
En Corse, à Solenzara, faisant fi des stéréotypes et du poids d’un prénom [Mougnehi = Celui qu’on ne prend pas au sérieux au premier abord] qu’il paie toujours cash, Isaac séduit par le jeu de son instrument.
C’est en Italie que son feeling accroche Paula Pisani qui l’oriente vers un contact à Paris, en France, qui lui facilitera ses concerts et autres spectacles.
Isaac Kemo jouera au 59 Rivoli, Paris. Y fait le buzz avec Paco Sery et y est à nouveau sollicité deux semaines plus tard. Avec lui sur scène, Jean-Philippe Rykiel. Depuis lors, le saxophoniste décroche toutes les dates qu’il lui fallait et se fait une place dans Paris, en moins de deux mois.
Le secret pour Isaac est le don de soi parce qu’il a ‘’su donner pour recevoir’’.
Par ailleurs, il jouera aux côtés de plusieurs artistes dont Kassav, enregistre l’album Fondinke avec Touré Kunda (2011), fait la Jam avec Rhoda Scott (chanteuse de jazz américaine), Paco Séry, Rido Bayonne (musicien congolais) …
MEDIATEUR CULTUREL EN CORSE DU SUD (FRANCE)
A Bonifacio, où réside sa compagne, Isaac promène son sax ça et là pendant l’été et joue sans apparence avec tous les musiciens et groupes sur son chemin. Sans le savoir, son approche des uns et des autres et son ouverture [musique sans frontière] seront facteur d’union de groupes rivaux dans la région.
En 2012, il devient le directeur artistique (trois ans durant) du Festival nautique et music qu’il réorganise avec sa compagne – de la façon la plus professionnelle.
Il y invite Deep Forest, Ismaël Agana, Jos (Gnékonté), Geoffrey Oryema (chanteur de rock – Ouganda), Titi Romain, Tchavolo Schmitt, Dobet Gnahore, Mamani Keita,
Depuis, il participe à de nombreux festivals dont le Festival Festi-Lumi (2014-2015), le Festival Artissima en 2014 et le Festival jazz by Bicici (depuis 2015 à Abidjan).
Mais, l’artiste qui préfère se consacrer à sa carrière musicale, enregistre entre Abidjan et Paris, son œuvre discographique qu’il baptisera : Nessmon.
LES ANNEES ISAAC …
• 1997 : « Les misérables ». Le reggaeman Kush qui avait posé ses valises à Abidjan le recrute pour la préparation de l’album « Les misérables », qui connaîtra un succès. Mission accomplie pour Isaac qui poursuivra une randonnée, deux années durant, au sein de l’Harmonie Municipale de la ville d’Abidjan.
• 1999 : Feu Tangara Speed Ghoda – excellent reggaeman ivoirien [reggae-Jazz-Fusion] lui fait appel avant qu’il ne tombe sous le charme du célèbre Village Ki-Yi M’Bock de Wère Wèrè Liking qu’il intègre par la suite. Il y fait une expérience positive avec le percussionniste Boni Gnahoré qu’il accompagne en tournée aux Pays Bas et en Belgique.
• 2002 : Fin de contrat avec le Village Ki-Yi. Isaac participe avec le groupe Schekina au Festival International GOSPEL et RACINES au Bénin. A son retour, il est recruté dans le groupe de Jazz Fusion N’Zassa.
• 2005 : Il accompagne Maggie Blanchard, chanteuse canadienne, lors de son concert à Abidjan.
• 2007 : Lors de sa tournée africaine, Isaac accompagne Martine Carrière, grande chanteuse de gospel et choriste de Johnny Halliday qui fait une carrière solo.
• 2008 : Il accompagne le groupe de jazz allemand Schriefl quartet au MUSIC ALL d’Abidjan ; participe au festival international de jazz d’Abidjan en accompagnant Linley Marthe et Paco Sery.
• 2009 : Sélectionné pour défendre les couleurs de la Côte d’Ivoire aux Jeux de la Francophonie au Liban.
• Médaillé d’argent pour le compte de la Côte d’Ivoire aux premiers Jeux de la Cen-Sad au Niger.
• MAI 2009 : Directeur artistique pour le spectacle de lancement de COMIUM, téléphonie mobile à Abidjan.
• 2010 : Isaac part en tournée en France. Pose ses valises en Italie le temps de plusieurs Masters Class où il y enseigne la musique Africaine pour l’Ecole de jazz de Trieste. De retour à Paris, en France, il joue dans plusieurs cabarets et salle de concerts: le 59 Riv, le 38 Riv, le Satellite Café dans le cadre du festival de musique africaine. En avril, l’UNESCO le sollicite pour un spectacle.
• 21 Mai 2011 : il participe au festival de jazz ‘’J